En bref
Un film d'hôtel ou de restaurant ne se tourne pas comme un film d'entreprise. On ne filme pas une activité, on filme une promesse de séjour : la lumière, le calme, la table, la vue. Trois décisions structurent le tournage : la période de l'année, l'heure de la journée (le matin et la fin d'après-midi font tout le travail), et la présence ou non de figurants, qui suppose des autorisations écrites.
Hôtel, table d'hôtes, restaurant, gîte, site de visite, prestataire de loisirs : ces établissements vendent une expérience à des gens qui ne sont pas encore sur l'île. La vidéo est l'outil le plus efficace pour cela, à condition de ne pas la traiter comme un film corporate classique.
Pourquoi ce film est-il différent ?
Parce que le spectateur ne cherche pas à comprendre ce que vous faites : il cherche à s'imaginer chez vous. Trois conséquences directes :
- Moins de parole, plus d'images. Une voix off ou une interview de propriétaire peut exister, mais elle n'est jamais le cœur du film ;
- Le rythme est lent. Les plans respirent, la caméra bouge peu et lentement. Un montage nerveux casse exactement ce qu'on essaie de vendre ;
- Le son compte autant que l'image. Les oiseaux au petit matin, le ressac, le service d'une table : ce sont ces sons qui donnent envie.
Quand tourner dans l'année ?
La question est plus importante qu'elle n'en a l'air à La Réunion, parce que le paysage change réellement d'une saison à l'autre. Nos repères :
- L'établissement doit être beau, pas plein. Tourner en pleine haute saison garantit une belle ambiance mais complique tout : chambres occupées, salle pleine, personnel sous l'eau ;
- Éviter la période la plus humide pour les extérieurs, ou prévoir une seconde fenêtre de tournage. Nos repères saisonniers sont dans météo et lumière en tournage ;
- Livrer avant la saison de réservation, pas pendant. Un film de séjour se diffuse au moment où les gens préparent leurs vacances, donc plusieurs mois avant qu'ils ne viennent. La planification annuelle est traitée dans le calendrier vidéo annuel.
La lumière : le vrai sujet technique
Sous nos latitudes, le soleil de milieu de journée écrase tout : ombres dures, façades brûlées, eau sans transparence. Un film d'établissement se tourne donc à deux moments, et il faut l'accepter dès le devis :
- Le matin tôt, pour les extérieurs, la piscine, les jardins et les vues ;
- La fin d'après-midi, pour les terrasses, le service du soir et les ambiances chaudes.
Entre les deux, on filme les intérieurs, les chambres, la cuisine et les détails. C'est la raison pour laquelle un tournage d'établissement s'étale sur une journée complète, voire deux, et rarement sur deux heures.
Faut-il des figurants ?
Un lieu vide paraît triste ; un lieu peuplé de vrais clients pose une question juridique. Trois solutions, par ordre de sécurité :
- Des figurants choisis (personnel, proches, modèles), qui signent une autorisation d'utilisation de leur image. C'est la solution la plus simple et la plus maîtrisée ;
- De vrais clients volontaires, prévenus et ayant signé une autorisation. Cela demande de l'organisation en amont avec la réception ;
- Des silhouettes non identifiables (de dos, en contre-jour, floues) quand aucune autorisation n'est possible.
Ce qui n'est pas une solution : filmer des clients reconnaissables sans rien leur demander. Le cadre complet est dans droit à l'image et autorisations.
Le drone, jusqu'où ?
Sur un établissement, le drone sert à situer : la position face au lagon, l'insertion dans la forêt, la vue sur les remparts. Deux plans bien choisis suffisent. Un film entièrement tourné au drone ne donne aucune envie, parce qu'il ne montre ni la chambre, ni l'assiette, ni l'accueil. Les conditions de vol sont détaillées dans la vidéo par drone, et les autorisations spécifiques dans les autorisations de tournage en lieu public.
Quels formats livrer ?
Un seul film ne suffit jamais pour ce type d'établissement :
- Un film principal de 60 à 90 secondes pour la page d'accueil du site ;
- Des verticales courtes par thème (la chambre, le petit-déjeuner, la piscine, la vue), qui alimentent les réseaux pendant des mois. Le format est expliqué dans la vidéo verticale ;
- Une version sans texte ni voix, utilisable par les partenaires, les offices de tourisme et les plateformes de réservation ;
- Des photos extraites du tournage, souvent oubliées alors qu'elles coûtent peu à ce moment-là.
Le raisonnement sur le rendement d'un tournage est développé dans rentabiliser un tournage, et la durée de vie d'un film dans quand refaire sa vidéo.