À qui appartiennent les rushes de votre vidéo d'entreprise ?
Un an après la livraison, votre service communication veut recouper le film en trois formats courts pour les réseaux. Il rappelle le prestataire… qui a effacé les fichiers, ou qui les a encore mais facture leur récupération. Ce moment désagréable se règle en amont, en deux lignes dans le devis. Voici ce que recouvrent réellement les fichiers d'un tournage, et ce qu'il faut demander.
Trois choses très différentes
Le vocabulaire du métier prête à confusion. Trois objets se cachent derrière « les fichiers » :
- Les rushes : l'intégralité des images brutes sorties de la caméra, prises ratées comprises. C'est lourd — une journée de tournage produit facilement plusieurs centaines de gigaoctets ;
- Le projet de montage : le fichier du logiciel qui contient les coupes, l'étalonnage, le mixage, les titres. Il n'est exploitable qu'avec le même logiciel et les rushes associés ;
- Le master : la vidéo finale exportée en haute qualité, plus les déclinaisons (format vertical, sous-titrée, version sans musique). C'est ce que vous diffusez.
Dans la quasi-totalité des devis, ce qui est livré est le master et ses déclinaisons. Les rushes et le projet de montage restent chez le prestataire, sauf mention contraire — ce n'est pas de la rétention, c'est la pratique courante du métier, liée au volume de stockage.
Ce que dit le droit d'utilisation
Deux notions se superposent et méritent d'être distinguées dans le devis :
- Les droits de diffusion : sur quels supports, pendant combien de temps, sur quel territoire vous pouvez utiliser la vidéo. Pour une communication d'entreprise classique, une cession large et sans limite de durée sur vos propres canaux est ce qu'il faut viser ;
- La possession des fichiers sources : autre sujet. On peut avoir tous les droits sur un film et ne pas détenir ses rushes.
Attention également aux éléments qui ne vous appartiennent pas et ne vous appartiendront jamais : la musique sous licence intégrée au montage est concédée pour cet usage précis. Réutiliser la bande-son dans un autre film demande une nouvelle licence — un point détaillé dans notre article sur la musique et les droits.
Faut-il réclamer les rushes ?
Pas systématiquement. La vraie question est : qu'en ferez-vous ? Sans logiciel de montage, sans espace de stockage adapté et sans quelqu'un pour les trier, trois téraoctets de rushes dorment sur un disque dur qui finira par lâcher.
Demandez-les si vous avez un service communication équipé, si vous prévoyez de remonter vous-même des formats courts, ou si le film a une valeur patrimoniale — inauguration, anniversaire d'entreprise, images d'un site aujourd'hui transformé. Dans ce cas, prévoyez la livraison sur un disque dur que vous fournissez, et vérifiez à la réception que les fichiers s'ouvrent.
Dans les autres situations, la solution la plus économique est de demander une durée d'archivage garantie plutôt que les fichiers eux-mêmes.
Combien de temps un prestataire garde-t-il les fichiers ?
Il n'existe aucune obligation légale en la matière : cela relève entièrement du contrat. Certains effacent au bout de quelques mois pour libérer de la place, d'autres archivent des années. De notre côté, nous conservons les rushes des projets tournés pour nos clients pendant au moins douze mois, ce qui couvre l'usage réel — la demande de recoupe arrive presque toujours dans l'année.
Sous notre climat, un mot sur la conservation : un disque dur externe laissé dans un bureau chaud et humide n'est pas une archive. Si les images comptent vraiment pour vous, prévoyez deux copies sur deux supports distincts, dont une hors site.
Les quatre lignes à faire figurer au devis
- Ce qui est livré : master, formats déclinés, version sous-titrée, et sous quel format de fichier ;
- L'étendue des droits : supports, durée, territoire ;
- La durée d'archivage des rushes chez le prestataire, et le tarif éventuel d'une récupération ultérieure ;
- Le sort des images non diffusées : les prises où des salariés apparaissent sans être retenus au montage restent soumises aux autorisations signées.
Un prestataire sérieux répond à ces quatre points sans hésiter. C'est d'ailleurs un bon test avant de signer.
À lire aussi : les autorisations avant de filmer, combien de vidéos tirer d'une journée de tournage, où diffuser votre vidéo. Côté événement, photobooth et souvenirs de soirée pose la même question pour les photos, et nos réalisations montrent ce que deviennent ces images.
Droits, livrables et durée d'archivage : tout est écrit noir sur blanc dans nos devis.
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